Description
Sceau byzantin
Titre
Kosmas, stratèlate (?) et commerciaire général de
l’apothèque de Première et Seconde Cappadoce (689/690)
l’apothèque de Première et Seconde Cappadoce (689/690)
Avers : dans une bordure continue, au centre du champ, l’empereur Justinien II en pied, de face, barbu, cheveux bouffants, vêtu du chitôn et de la chlamyde, coiffé d’une couronne à pendilia surmontée d’une croisette, tenant le globe crucigère en main droite et l’akakia en main gauche. Inscription circulaire commençant au sommet, mais perdue à la base : Κοσμᾶ [ ... ] γενικοῦ. Dans le champ inférieur, de part et d’autre de l’effigie, à gauche la lettre Γ, crosse tournée vers la gauche. À droite, une forme proche d’un I, pour indiction 3.
Revers : suite de la légende sur six lignes : κομμερκιαρίου ἀποθήκης A (καὶ) B Καππαδο[κ]ί[α]ς.La partie manquante de la légende circulaire comportait la dignité du commerciaire. La lettre initiale est illisible mais, sur nombre de ses plombs, Kosmas est titré stratèlate, en 679/680 jusqu’en 689/690. La carrière de Kosmas est bien documentée grâce aux nombreux sceaux qu’il a laissés. Sous le règne de Constantin IV d’abord, puis surtout sous celui de Justinien II, Kosmas a assumé la charge de commerciaire général dans plusieurs places frontalières de l’Empire, de la Lazique à la Pamphylie, en servant parfois dans plusieurs provinces, mais aussi à Constantinople. À l’époque de Kosmas, les commerciaires étaient honorés de très hautes dignités et faisaient partie de l’entourage de l’empereur. L’iconographie des sceaux des commerciaires de cette période – unique en sigillographie – souligne aussi l’importance de ce commerce : à l’instar de l’effigie de l’empereur sur les monnaies, qui seule garantissait leur bon aloi, la qualité de la marchandise qui arrivait ou sortait des dépôts impériaux (apothèkai) était garantie par l’empereur figuré sur le sceau qui y était apposé. La fonction des commerciaires a varié au cours des siècles. Sous Justinien Ier ils avaient le monopole du commerce de la soie. Ultérieurement, leurs compétences se sont élargies, mais leur étendue est encore discutée. Ils auraient contribué, entre autres, à ravitailler les armées thématiques. A partir du IXe siècle, leur fonction semble se réduire à la levée de l’impôt sur les transactions, le kommerkion.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Campagnolo-Pothitou Maria, Cheynet Jean-Claude, Sceaux de la collection George Zacos au Musée d'art et d'histoire de Genève, Collections byzantines du MAH, Milan: 5 Continents, 2016, p. 141, n° 121
Marielle Martiniani-Reber (dir.), Byzance en Suisse, catalogue d'exposition, Genève, Musée Rath, 4 décembre 2015-13 mars 2016, Milan, 2015, p. 101, n° 111
Zacos George, Veglery, Alexander, Byzantine lead seals, Allemagne, 1972, 3 volumes + planches, voir n° 170 et 171