Figurine funéraire

XXIIe dyn.
Couleurs
CETTE ŒUVRE EST EXPOSÉE AU Musée d'art et d'histoire

Description

Figurine funéraire
Titre
Figurine au nom de Ched-s(ou)-Nefertoum (?), père divin

Datation
XXIIe dyn.
Dimensions
haut.: 12.6 cm
larg.: 4.1 cm
prof.: 3 cm
Matériaux
Pâte auto-émaillée verte, très dure (type "glassy faience"), moulée, visage soigneusement modelé, détails incisés sur la perruque, détails et inscription peints aux oxydes (perruque, houes), présentant des défauts de fabrication. Forme : momiforme
Mention obligatoire
MAH Musée d'art et d'histoire, Ville de Genève. Don anonyme, 1998
Numéro d'inventaire
A 1998-0164

Description
Sans pilier dorsal. Les cuisses, les mollets et les fesses sont légèrement indiqués. La cassure du cou montre à l'intérieur une pâte verdâtre claire, très dure, légèrement granuleuse, contrairement aux pâtes blanchâtres et friables des figurines de cette période. La perruque courte et frisée recouvre les oreilles. Dans un visage soigneusement modelé, la bouche est légèrement décentrée sur la droite. Les mains, croisées (la droite sur la gauche), aux doigts séparés, tiennent deux houes. Un sac dorsal se situe sur le haut du dos, dans le prolongement de la perruque. Le type de celle-ci se rencontre sous le règne d'Osorkon II. Les deux premières colonnes énumèrent les titres et noms du propriétaire. Les deux dernières colonnes contiennent - fait rare - le chapitre V du Livre des Morts. Pour la datation, voir J. Berlandini, dans Revue d'Egyptologie 49 (1998), p. 5-24 (perruque et type de "faïence"). Les figurines funéraires apparaissent dès le Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.) et leur fonction est d'emblée précisée : à chaque fois que le défunt pourrait être appelé à effectuer dans l'Au-delà une corvée ou une autre tâche agricole (car même si les champs sont d'une fertilité quasi divine, il faut bien les cultiver si l'on veut se nourrir), une figurine (appelée « chaouabti » ou « ouchebti », selon les époques) répondra à sa place et effectuera la besogne pénible en son nom. Les plus anciens exemplaires arborent la forme d'une momie et sont fabriqués en pierre ou en bois ; ils sont déposés, uniques ou par paire dans les caveaux des sépultures. Après quelques vicissitudes durant la Deuxième Période intermédiaire, des figurines funéraires soignées réapparaissent au Nouvel Empire (vers 1500 av. J.-C.), époque pendant laquelle elles connaissent un développement particulièrement riche. Peu à peu, elles seront munies d'outils agricoles et d'un sac ; leur nombre s'accroît progressivement pour atteindre le chiffre « canonique » de trois cent soixante-cinq figurines momiformes au nom d'un même défunt (soit une par jour de l'année selon le comput pharaonique), surveillées par trente-six chefs dizeniers vêtus d'un pagne et tenant un bâton ou un fouet. On observe également une très grande variété de taille et de matière (bois, pierre, terre crue ou cuite, métal, « faïence » égyptiennes, etc.). La production des périodes suivantes tend à une uniformisation : le nombre et la hiérarchie sociale sont respectés durant la Troisième Période intermédiaire, mais la « faïence » et la terre semblent de règle. Durant la Basse Époque (dès 664 av. J.-C.), l'iconographie ne distingue plus les ouvriers des chefs (tous sont momiformes) et les artisans ne les réalisent plus guère qu'en « faïence » égyptienne. Les figurines les plus élaborées sont inscrites d'une formule qui précisent leur rôle et leur devoir. Il s'agit du chapitre VI du Livre des Morts, parfois abrégé, enjoignant le chaouabti à se mettre au travail à l'appel du défunt, et précisant qu'il devra « faire croître les champs, irriguer les berges, transporter le sable d'est en ouest et vice-versa », probable expression de la soumission du travailleur ad absurdum.

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Collection(s)
Egypte et Nubie
Période
Antiquité
Inscriptions
inscription, peinte aux oxydes noirs, autour des jambes, en 4 colonnes, le texte commence sur le devant du corps au-dessus des mains, se poursuit sur le côté droit, puis sur l'arrière où il occupe même l'arrière des bras, et se termine sur le côté gauche, lecture de droite à gauche, trad. J.-L. Chappaz 2008 : Paroles à prononcer par l'Osiris, le père divin, supérieur des secrets de Bastet, le prophète de Montou (et de) Khonsou [...] Ched-s(ou)-Nefertoum (?), juste de voix : "Je suis celui qui recherche l'inerte, originaire d'Hermopolis ; je vis (des) viscères du grand babouin."

Bibliographie

Bibliographie

Chappaz, Jean-Luc. Quand les oushebtis se croisent les bras. Variantes et variances de la Troisième Période intermédiaire. Luc Gabolde (textes réunis et édités par), Hommages à Jean-Claude Goyon offrets pour son 70e anniversaire (Bibliothèque d'Étude, vol. 143), 2008,, pp. 67-78 (publiée sous le n° inv. incomplet A 1998-16)

Chappaz Jean-Luc, Jordan Michel, Courtois Chantal, "Enrichissements du Département d'archéologie en 1998", Genava, n. s., t. 47, 1999, p. 151-152, p. 151, fig. 1

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