Le miroir fait son apparition à l’Âge du bronze. Au IIe millénaire avant notre ère, on le trouve en Égypte comme dans les régions de la mer Égée, ou encore en Chine. Chez les Grecs, son usage est attesté dès le VIIIe siècle avant J.-C., tandis qu'en Étrurie on ne commence à l'utiliser que deux siècles plus tard. Si le bronze était le matériau le plus fréquemment employé pour sa réalisation, à partir du VIe siècle avant J.-C., on commence également à produire des pièces en métaux précieux. À l’époque hellénistique, le modèle en argent, pourvu d’une boîte et d’un couvercle décoré d’éléments en relief, était très en vogue.
Chez les Romains, le miroir en argent, d’abord réservé aux femmes les plus aisées, connaît un grand succès et une diffusion élargie à partir de la première époque impériale (Ier siècle après J.-C.). À cette période apparaissent également de petits modèles en verre étamé ou doublé de plomb, agrémentés d’un cache en métal, en bois ou en plâtre. Ce dernier type ne connaîtra toutefois pas une diffusion à large échelle avant le Moyen Âge (inv. 018606).
Le miroir antique se présentait généralement sous la forme d’un disque de métal assez mince, avec une face rendue réfléchissante par un polissage adéquat. Le disque pouvait être soit soutenu par un pied, soit accroché à un support, ou alors monté sur un manche. Si l’on se base sur les découvertes archéologiques, on constate que ce dernier type était le plus répandu chez les Grecs, les Étrusques et, plus tard, chez les Romains. Au cours des IIe et IIIe siècles après J.-C., le modèle circulaire à manche sera supplanté par celui à disque légèrement convexe et muni d’une poignée fixée au dos. Les cinq miroirs et la poignée, en argent et argent doré, provenant de la collection léguée au Musée d’art et d’histoire par Janet Zakos, appartiennent à cette dernière catégorie d’objets.
Les exemplaires en métaux précieux datant de l'Antiquité tardive ou de l'époque byzantine parvenus jusqu'à nous sont peu nombreux et proviennent souvent de trésors enfouis à la hâte lors de périodes de troubles. Le mode de fabrication, le format, la typologie et le décor ont peu évolué entre le IIIe et le VIIe siècle. La présence de cercles concentriques et d’un point de fixation central au dos de ces pièces indique que celles-ci ont été réalisées au moyen d’un tour. Quant à la forme de la poignée, elle imite souvent deux doigts (AA 2004-0226, AA 2004-0227, AA 2004-0228, AA 2004-0230) ou un nœud d'Héraclès (AA 2004-0225). Ces motifs avaient essentiellement une valeur symbolique et protectrice.