OBSERVATOIRES
Carte Blanche à John M Armleder
Pour sa 6ème Carte blanche, le MAH invite John M Armleder (Genève, 1948), artiste de renommée internationale. Riche de plus de 500 de ses œuvres, le musée a trouvé en lui le curateur idéal pour poursuivre un dialogue inédit entre patrimoine et création contemporaine. Ainsi est née Observatoires, une traversée thématique où chaque salle explore un univers différent – des animaux à la peinture abstraite, des instruments de musique aux luminaires. En mettant en regard l’architecture monumentale du MAH et sa vaste collection, Armleder crée un dispositif dont il a le secret où chaque objet s’intègre de manière aussi surprenante que cohérente.
Portés par des structures éphémères et des jeux de superpositions, l'objet ordinaire et l’objet esthétique tissent un dialogue qui génère constamment de nouvelles possibilités ; une invitation à la déambulation pour que chacun puisse composer son propre répertoire d’idées et d’associations.
Visite en images
© Photos: Annik Wetter
« À Genève, John M Armleder invite à prendre de la hauteur pour observer le monde et le réinventer »
« De sa carte blanche au MAH, le plasticien genevois a fait une exposition qui pense. Mais aussi qui amuse. »
« Une expo incontournable »
Photo: Annik Wetter
Curation
« Il est difficile de résumer l’importance de John M Armleder dans l’histoire de l’art contemporain sans risquer, presque aussitôt, de sombrer dans le confort des superlatifs. John échappe aux catégories, aux classifications, à toutes les tentatives d’ordonner les choses. Depuis bientôt cinquante ans, il se pose — souvent un instant avant l’époque elle-même — les questions que personne n’ose encore formuler, et il y répond par des gestes radicaux, évidents, déconcertants. C’est sans doute pour cela qu’on dit de lui qu’il est un « artiste d’artistes » : chaque génération le redécouvre sous un visage nouveau, comme s’il cultivait une forme très particulière de dédoublement, de réinvention continue — ce que je nomme, non sans clin d’œil pataphysique, son quotient schizophrénique. À Genève, sa ville d’origine, John a joué un rôle déterminant. À une époque où le paysage artistique local était encore peu structuré, il a multiplié les lieux, les galeries, les espaces d’expérimentation. Il a créé des circulations, des transversalités, une énergie qui a profondément transformé la scène genevoise. Son empreinte est celle d’un artiste majeur, bien sûr, mais aussi d’un catalyseur, d’un déclencheur — quelqu’un qui rend possible ce qui, sans lui, n’aurait peut-être jamais surgit. Le titre Observatoires s’est imposé à lui au fil de son exploration des collections. Il évoque à la fois l’acte de regarder et la possibilité de percevoir autrement. C’est précisément ce que propose cette carte blanche : un musée transformé en dispositif d’attention, traversé de micro-surprises, de glissements, d’apparitions et de disparitions où chaque objet retrouve sa puissance d’énigme — qu’il soit d’art ou d’usage.»
Marc-Olivier Wahler, Directeur du MAH