LES CHATS ERRANTS DU MAH 

Dans le cadre de son futur agrandissement et de sa rénovation, le MAH repense ses usages et son lien avec la ville. Pour accompagner cette transition, le MAH et le FMAC s’associent autour d’un projet d’art public.

Ce projet propose d’accueillir, avant le début du chantier, des interventions artistiques éphémères dans les espaces publics autour du musée. Il se déploie en plusieurs phases.

La première phase a pris la forme d’un concours sur invitation, dont le jury s’est réuni en février 2023. Les artistes invités ont été encouragés à imaginer des projets en lien avec l’espace public, favorisant la reconnexion entre le musée et la ville et accompagnant les changements à venir.

Le jury, composé de représentant·e·s du FMAC, du MAH, de différents départements de la Ville de Genève ainsi que d’expert·e·s externes, a retenu deux projets:

Michet Blazy, le Musée des indésirables réalisé en 2025

Katharina Hohmann, MAH Stray Cats - Les chats errants du MAH

L'œuvre 

MAH STRAY CATS – LES CHATS ERRANTS DU MAH

Le projet en trois parties de Katharina Hohmann – des affiches, une chatière posée sur la porte du MAH et une publication –, met en valeur les chats de la collection du MAH. L’artiste les a étudiés et intégrés dans un premier temps en tant que protagonistes d’une série de 80 collages qui jouent avec l’esthétique des posters annonces de chats perdus, collés rapidement au ruban adhésif sur divers supports ou punaisées sur des arbres dans les villes du monde entier (« Chat perdu, Qui a vu mon chat, Lost Cat, Missing Cat »). « Ces posters sont souvent réalisés avec un « design » simple et manuel et témoignent de la perte douloureuse d’un compagnon, un animal domestique avec qui partager sa vie inter-espèces.

Les chats, synonymes et symboles de la dichotomie domestique-sauvage, sont les animaux (et leurs artéfacts) qui bénéficient d’une connotation plus populaire que d’autres. Qu’ils soient représentés la tête coincée dans une boîte, qu’ils ronronnent avec délice ou qu’ils jouent avec une pelote de laine, les chats font aujourd’hui la joie d’Internet et des réseaux sociaux, au point de faire l’objet d’un véritable culte » indique l’artiste.

Dispersées dans la ville pendant les mois de janvier et février 2026, les affiches font hommage aux chats de la collection du MAH et leur donnent une nouvelle popularité. Ils s’immiscent ainsi dans notre quotidien, nous faisant part de leur étrangeté, de leur beauté et de leur diversité, ainsi que de leur importance historique et contemporaine. Le médium de l’affiche permet aux chats, pour la plupart endormis dans les réserves, de quitter le musée le temps de quelques semaines.

Insérée dans le portail du MAH, entre trompe l’œil et ready-made, l’objet chatière évoque la perméabilité d'une collection muséale, annonce le changement et la fragilité du « musée » en tant qu'institution, passant de la conservation à un lieu de mouvements possibles et inattendus. Cette intervention, discrète, représente le pouvoir de « percer » le musée et de l'ouvrir de l'intérieur vers l'extérieur et vice et versa. Les chats eux-mêmes deviennent des symboles et acteurs de ce phénomène, de la domestication vers leur nature sauvage (urbaine).

A la suite de l’affichage public dans la ville, textes, collages et photographies feront l’objet d’une publication mise en page par l’atelier Tramons, Genève. À découvrir dès avril 2026 à la librairie du MAH.