Casanova et la liberté
Fortement ancré dans la personnalité de Casanova, mais aussi dans l’inconscient collectif lié à cette figure emblématique du siècle des Lumières, le thème de la liberté imprègne tant son parcours personnel que ses écrits. Liberté individuelle d’abord, privilège auquel il est farouchement attaché, mais aussi liberté morale, intellectuelle, politique… Polysémique par essence, le concept sous-tend l’ensemble de l’œuvre littéraire de ce polygraphe de génie.
Ainsi, bien que par son mode de vie hédoniste le Vénitien revendique la faculté de vivre au plus près de ses désirs, s’efforçant de s’affranchir des normes et des contraintes imposées par la religion ou la société de son temps, il a conscience que la liberté morale, c’est aussi d’accepter en conscience la responsabilité de ses actes : « Quoique l’homme soit libre, il ne faut cependant pas croire qu’il soit maître de faire tout ce qu’il veut ».
Casanova, qui s’affirme comme un homme libre de ses choix, ne se berce pourtant pas d’illusions : « Tout le genre humain sait que la vraie liberté n’existe ni ne peut exister nulle part ». Interrogé par Voltaire au sujet du gouvernement vénitien, il en vient même à affirmer, telle une audacieuse provocation de la part d’un exilé qui se languit de sa patrie : « Pour être libre, il suffit de croire de l’être »…
Pour l’homme enfin qui a subi le traumatisme d’un enfermement sous les Plombs, la liberté recouvre naturellement aussi une signification tout à fait concrète, radicale, puisque l’aventurier prend alors « le parti de [s]e procurer la liberté au risque de [s]a vie » : ce sera donc « la liberté ou la mort ».
Les différentes facettes de la notion de liberté chez Casanova sont explorées par l’approche pluridisciplinaire des intervenants et intervenantes. Réalité ou fantasme, elle nous apparaît d’autant plus enviable à l’heure où le champ de nos choix individuels est de plus en plus restreint et que la notion même d’intimité même tend, avec notre complicité, à se déliter…