Description
Portrait sur émail
Titre
Portrait de Gustave Revilliod en costume du matin
Parmi les portraits de Gustave Revilliod réalisés à chaque âge de la vie, le portrait en émail peint sur or par Charles-Louis-François Glardon, dit Glardon-Leubel (Genève 1825 –1887) mérite un éclairage particulier, tant il est remarquable par sa bienfacture, autant que par son caractère innovant, mobilisant une impression mécanique de photographie comme trame de fond. Cette technique apparaît dans la collection avec un portrait au chevalet du peintre François Diday (1802-1877) , non signé, réalisé d’après une photographie de Vuagnat & Welten à Genève, réalisée vers 1850. Son tirage argentique conservé dans l’une des capsules temporelles imaginées par G. Revilliod suggère l’intérêt que ce dernier a porté à l’invention de « l’émail photographique ». Sa commande à l’émailleur Glardon, qui s’approprie cette technique dès les années 1850, le confirme. Leurs relations débutent en mars 1880, lorsque le peintre invite son futur modèle à admirer dans son atelier un « grand » émail tout juste terminé. Comme Glardon revendique pour la peinture genevoise sur émail une place parmi les productions d’art pur, il ne se sert de la photographie qu’après avoir étudié son modèle, auquel il demande, autant que possible, une séance de pose pour chaque feu . Ainsi, entre les séances de poses à l’atelier subies par Gustave Revilliod devenu modèle, vêtu d’une riche robe de chambre de velours galonné (costume du matin) et d’une chemise à jabot et manchettes de dentelle, le peintre multiplie les étapes, basant ses travaux sur ses croquis préparatoires et sur la photographie qui a servi de base au cliché. Chaque portrait réalisé augmente sa science et son habileté, malgré les impondérables : en août 1881, une lettre brève alerte le modèle de l’éclatement de l’émail passé au feu. Le 5 septembre, l’artiste très motivé sollicite une nouvelle séance de pose. Le 24 octobre 1881, Glardon informe Revilliod qu’il a « passé au feu notre émail pour la 5e fois, qui a réussi au mieux, en sorte que je suis plus avancé que je ne l’espérais. La prochaine séance sera donc bien réellement la dernière (…) » Au mois de mai suivant, le portrait de Revilliod est présenté à Paris, dans « l'Exposition des Tableaux » (Salon de 1882) et attire les relations du modèle, lesquelles tournent leurs compliments à l’égard de ce dernier autant qu’à celui du peintre, en admirant la ressemblance si parfaite, l’expression du regard, le sourire esquissé, l’ourlé des lèvres sous la moustache… De fait, la composition met en évidence une posture, une figure de caractère et un habit original, en restant fidèle à une pose que Gustave adopte dans ses autres portraits.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Bröhan, Nicole, Schweizer Kunstsammler und ihre Leidenschaft, Zürich, Scheidegger & Spiess, 2013., p. 104-109, p.104, repr. coul.