Description
Montre de poche, dite chinoise, à répétition des quarts
L’horlogerie genevoise développe une vocation d’exportation dès le 17e siècle. Les montres de poche destinées au marché chinois, dès la fin du 18e siècle et au 19e siècle, sont pour la plupart décorées à Genève dans les ateliers des émailleurs et graveurs de la place. Dotées de mouvements souvent neuchâtelois ou anglais, ces montres, très luxueuses lorsqu’elles étaient destinées à l’Empereur et à sa cour, ont voyagé avec les marchands genevois à travers les continents. La circulation des garde-temps européens à destination de l’empire chinois ralentit à la fin du 19e siècle, lorsque les horlogers chinois, désormais formés, prennent le relais de ce type de fabrication destinée au marché local.Pierre Jaquet-Droz (La Chaux-de-Fonds 1721 - Bienne 1790) se distingue comme célèbre mécanicien: il construit plusieurs automates achetés par Ferdinand VI d'Espagne et par Lord McCartney qui les envoie à l'Empereur de Chine. Il crée en 1755 un système de remontage par différence de dilatation entre deux métaux, développe d'autres systèmes de remontage pour montre, par tiges coulissantes, par secousses et par rotor. Spécialisé dans la montre de luxe, les montres à automates, montres à oiseau chanteur, tabatières et autres bijoux avec oiseau chanteur. Nombre de ses oeuvres sont achetées par l'anglais J. Cox qui les revend en Orient. Il expose en Italie, Espagne, France, Angleterre, Inde et Chine. La maison se développe à partir de 1772: elle ouvre les succursales de Londres, Paris, Bâle et Neuchâtel. Jaquet-Droz, son fils Henry Louis et son associé Jean-Frédéric Leschot travaillent à Londres en 1782 et s'installent à Genève en 1784. Jaquet-Droz est reçu Bourgeois de Genève en 1785, il se retire peu à peu de la gestion de son entreprise. Après son séjour à Genève, il se retire à Bienne où il meurt le 28 novembre 1790.
Le motif décoratif de cette montre, qui a fait fureur dans les années 1782-1789, se trouve aussi sur des objets précieux tels que tabatières, bonbonnières, boîtes à mouches, étuis à cire.... Constitué d'émaux translucides, sur fonds de paillons, il imite les irisations de la plume de paon.