Cette estampe est la dernière réalisée par William Hogarth, et fut conçue comme une « conclusion » à l’édition de son œuvre gravé. Considéré comme le père de la satire anglaise du XVIIIe siècle, Hogarth s’y moque du goût de la peinture de son époque pour le sublime, les émotions fortes et le morbide (le roman gothique et ses épigones connaît alors un grand succès). Accumulant les symboles propres au genre du memento mori (colonne brisée, pierre tombale, bougie éteinte, arbre mort, ruines, lune noire…), il montre combien le pathos, ce moyen de faire appel aux sentiments du public, se mue en bathos lorsqu’il employé de manière excessive.
Le bathos, cette figure de style provoquant un effet déceptif ou comique au paroxysme d’une gradation en lui donnant une fin ridicule ou décalée, devient alors synonyme de mauvais pathos. Les deux cônes et les citations sous l’image rappellent l’idéal de beauté défendu par l’artiste dans son traité « Analyse de la beauté » (1753), et dont l’époque lui semble désormais révolue. Un « testament » érudit, grinçant et désabusé, à l’image de son auteur.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Paulson Ronald, Hogarth's Graphic Work, Londres: Print Room, 1989, 216
Baudson Michel (dir.), L'Art et le temps. Regards sur la quatrième dimension , catalogue d'exposition, Bruxelles, Palais des beaux-arts, 21 novembre 1984-20 janvier 1985 ; Genève, Musée d'art et d'histoire, Musée Rath, 16 février-14 avril 1985, Bruxelles, Fribourg: Société des expositions du Palais des beaux-arts de Bruxelles, IPCO, 1984, p. 8
Georg Charles (dir.), Acquisitions et dons récents 1967-1968, catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, Cabinet des estampes, 23 mai-15 juin 1969, Genève: Musée d'art et d'histoire - Cabinet des estampes, 1969, n° 16
Goerg Charles, Bruhlart Armand (dir.), William Hogarth (1697-1764) L'oeuvre gravé, catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, Cabinet des estampes, 26 juin-15 septembre 1968, Genève: Musée d'art et d'histoire - Cabinet des estampes, 1968, n° 163
Paulson Ronald, Hogarth's Graphic Works, New Haven, Londres: Yale University Press, 1965, 216