Description
Jeune fille lacustre
L’étrangeté de cette scène est pour le moins intrigante. Perchée sur son rocher dans son plus simple appareil, la jeune fille semble faire le guet et attendre. Mais attendre quoi ? Et depuis combien de temps ? Ses traits marqués par l’ennui, elle semble observer quelque chose qui se produit dans son champ de vision périphérique, la détournant momentanément de sa veille.
Cette scène s’inscrit dans la « fièvre lacustre » des archéologues du XIXème siècle, cherchant alors à restituer le décor et l’atmosphère d’une Suisse préhistorique. Loin d’être une étude archéologique, l’imagination de l’artiste vient ici contribuer au succès et à la permanence du mythe d’une vie où l’humanité évolue dans une nature avec laquelle elle sait cohabiter. Cette vie se caractérise par une attirance naturelle, mais presque enfantine, pour l’eau et par un mode de vie dicté par les caprices du lac au fil des saisons.
Particulièrement attachés au Petit Lac, les Genevois ressentent une affection particulière pour ses eaux lacustres et, de bonne guerre, revendiquent le Lac Léman comme étant le Lac de Genève auprès des autres cantons. Ce qui est certain, c’est que la saison estivale ne serait pas la même sans une baignade au lac ou une descente du Rhône, rituels incontournables de la vie genevoise.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Musée d'art et d'histoire de Genève (dir.), Genève à travers les âges. Art [et] histoire. Exposition rétrospective du deuxième millénaire de Genève, 58 avant J.-C., catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, 1 juin-30 septembre 1942, Genève: Musée d'art et d'histoire, 1942, p. 7