Reproduisant une peinture des années 1757-1758 (Londres, National Portrait Gallery), cet autoportrait a connu plusieurs versions, dont cette dernière, qui servait de frontispice à l’œuvre gravé de l’artiste.
Hogarth se représente en plein travail, le regard fixé sur sa toile et non sur le spectateur, contrairement aux usages. Il s’applique à peindre Thalie, la Muse de la comédie, caractérisée par sa couronne de feuillages, son air enjoué, son masque grotesque et le texte qu’elle porte sous le bras. Hogarth, grand amateur de théâtre, envisageait en effet ses œuvres comme de véritables scènes – transcriptions du « théâtre de la vie ». Au pied du chevalet, on reconnaît l’une des planches de « L’Analyse de la beauté ». Un autoportrait fortement révélateur du caractère et des préoccupations de l’artiste, et qui anticipe le XIXe siècle par les libertés qu’il prend par rapport aux représentations académiques traditionnelles.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Paulson Ronald, Hogarth's Graphic Work, Londres: Print Room, 1989, 204
Georg Charles (dir.), Acquisitions et dons récents 1967-1968, catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, Cabinet des estampes, 23 mai-15 juin 1969, Genève: Musée d'art et d'histoire - Cabinet des estampes, 1969, n° 17
Goerg Charles, Bruhlart Armand (dir.), William Hogarth (1697-1764) L'oeuvre gravé, catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, Cabinet des estampes, 26 juin-15 septembre 1968, Genève: Musée d'art et d'histoire - Cabinet des estampes, 1968, n° 161
Paulson Ronald, Hogarth's Graphic Works, New Haven, Londres: Yale University Press, 1965, 204