La technique du cliché-verre se situe aux confluents du dessin, de l’estampe et de la photographie. Elle consiste en un support transparent, à l’origine une plaque de verre, recouvert d’une couche opaque dans laquelle l’artiste trace des lignes à l’aide d’une pointe, comme l’aquafortiste le fait dans le vernis recouvrant sa plaque de cuivre. La plaque de verre ainsi préparée est appliquée sur un papier photosensibilisé puis insolée. Les lignes dégagées sont alors révélées par la lumière, l’image conservant toute la spontanéité et la liberté du tracé initial. L’avantage du cliché-verre sur l’estampe réside dans cette qualité du trait et dans la simplicité du procédé, mais se prête mal à une reproduction de masse.
Mise au point en Angleterre dans les années 1840, le cliché-verre est expérimenté dans les années 1852-1853 à Arras dans un cercle d’artistes proches de Corot. Ce dernier en explorera largement les possibilités esthétiques dans les années 1850-1860, comme, à sa suite, plusieurs paysagistes de l’École de Barbizon. Supplantée par les techniques de reproduction photographiques, la technique tombe en désuétude dans les années 1880.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Musée d'art et d'histoire (dir.), Au 5 promenade de la Gravure II. Dürer, Picasso et les autres , catalogue d'exposition, Genève, Cabinet des estampes, 14 juin-30 septembre 1990, Genève: Musée d'art et d'histoire, 1990, s.n.
Mason Rainer Michael (dir.), avec la collaboration de Oederlin Chantal, Le cliché-verre. Corot et la gravure diaphane, catalogue d'exposition, Genève, Cabinet des estampes, 16 juillet-10 octobre 1982, Genève: Editions du Tricorne, 1982, n° 68
Delteil Loys, Le peintre-graveur illustré. (XIXe et XXe siècles), Paris: chez l'Auteur, 1906-1930, XIII.sp.144
Henriet Frédéric, C. Daubigny et son oeuvre gravé, Paris: A. Lévy, 1875, 125