Description
Croix-reliquaire
La croix reliquaire s’ouvre au moyen de cinq fermoirs et renferme une croix de bronze dont les bras se terminent par deux petites boules d’argent. La forme caractérisée de la croix reliquaire par des extrémités marquées d’éléments ornementaux circulaires est largement répandue.
La graphie, à double contour, rappelle celle figurant sur d’autres objets des Xe et XIe siècles, en argent ou en bronze.Si cette croix se révèle d’une grande qualité dans sa réalisation, son intérêt réside aussi dans l’inscription, figurant sur son avers et son revers, qui a suscité de nombreuses interrogations.
+ΕΡΓΟΝΦΕΡΙCΤΟΝΕΚΠΟΘΟΥΓΕΓΟΝΟΤΑ
ΤΕΤΕΥΧΕΛΕΩΠΡΩΤΑΡΧΗCΜΑΚΕΔΟΝΩΝ
ΠΑΤΡΙΚΙΟCΤΕΚΑΙΔΟΜΕCΤΙΚΟCΔΥCΗC
ΠΟΘΩΝΤΟΝΘΕΙΟΝΜΙΧΗΛCΤΡΑΤΗΓΕΤΗΝ
ΤΟΝΕΝΤΑΙCΧΟΝΑΙCΕΙΔΗΝΕΟΝΦΑΝΕΝΤΑ
ΜΕΤΟΝΟΜΑCΘΕΙCΑΥΘΙCΔΑΜΟΚΡΑΝΙΤΗC
Selon le sens de lecture, on peut traduire ce texte ainsi : "Ce travail sans prix, qui est le fruit de la dévotion, fut créé par Léon commandant en chef des Macédoniens, patrice et domestique de l’Occident, qui aspire après saint Michel, chef des armées, celui de Chonae qui a déjà réapparu, pour qu’on lui donne ensuite le nom nouveau de Damocranite." ou " Par dévotion au divin Michel, chef des armées célestes, qui à Chones est apparu sous les traits d’un jeune homme, cette oeuvre excellente née d’une sainte ardeur, Léon l’a fait faire, premier magistrat des Macédoniens, patrice et domestique de l’Occident, surnommé également le Damocranite. "
La question de l’identité de Léon, de la période précise à laquelle il a vécu reste d’actualité. Ce donataire mentionné au début de l’inscription est difficile à cerner.On connaît son prénom Léon, ainsi que sa fonction de chef militaire, domestique des scholes de l’Occident, qui explique sans doute sa
dévotion à l’archange Michel. Jean-Claude Cheynet suppose, avec beaucoup de vraisemblance,
qu’il pourrait être Léon Tornikios qui se révolta contre l’empereur Constantin Monomaque. Celui-ci aurait fait réaliser cette croix avant 1046, date à laquelle il fut envoyé en Ibérie (région composée des parties
méridionale et orientale de la Géorgie actuelle).
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Marielle Martiniani-Reber (dir.), Byzance en Suisse, catalogue d'exposition, Genève, Musée Rath, 4 décembre 2015-13 mars 2016, Milan: 5 Continents, 2015, p. 320, n° 358
Martiniani-Reber Marielle (dir.), Antiquités paléochrétiennes et byzantines, IIIe-XIVe siècles. Collections du Musée d'art et d'histoire - Genève, 5 Continents, Genève, Milan, 2011, p. 67-72, n° 28
Ölçer Nazan (dir.), De Byzance à Istanbul, un port pour deux continents, catalogue d'exposition, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 10 octobre 2009-25 janvier 2010, Paris: Réunion des musées nationaux, 2009, p. 83, fig. 11
Maguire Henry, et al. (dir.), Byzantium (330-1453), catalogue d'exposition, Londres, Royal Academy of Arts, 25 octobre 2008-22 mars 2009, Londres: Royal Academy of Arts, 2008, p. 212, n° 182
Hunger Herbert, Seibt Werner (dir.), Byzantios. Festschrift für Herbert Hunger zum 70. Geburtstag, Vienne: Ernst Beevar, 1984, p. 301
Bank Alice, et al., "Etudes sur les croix byzantines du Musée d'art et d'histoire", Genava, n.s., 28, 1980, p. 97-124, p. 97-124, fig. 6 a-c
Expositions
Cette œuvre fait partie d'un ensemble
Cette œuvre figure dans la publication MAH
Autour des métiers du luxe à Byzance
Autour des métiers du luxe à Byzance
Le colloque "Autour des métiers du luxe à Byzance" a été organisé à l’occasion de l’exposition "Byzance en Suisse", qui s'articulait en bonne partie autour du "Livre du Préfet" (règlement des professions à Constantinople au début du dixième siècle).
De nombreux spécialistes suisses et internationaux y ont abordé les thématiques suivantes: les objets de luxe qui nous sont parvenus, ceux présents dans la littérature et dans l’iconographie, les échanges diplomatiques, la réglementation des professions du luxe, le travail de l’orfèvrerie et de la soie, ainsi que le mode de vie de la cour et de l’aristocratie.
Cette publication a été réalisée avec le soutien de la Fondation Migore