Description
Arnold Böcklin
Pierre-Eugène Vibert, formé à Genève, s’installe à Paris en 1892 comme graveur de reproduction pour gagner sa vie tout en réalisant des bois originaux qui rencontrent quelques succès. Frappé par les qualités artistiques des bois anciens, il est le premier, en 1898, à graver à nouveau en clair-obscur. Réputé pour ses portraits d’écrivains et d’artistes, Vibert en réalise plusieurs en clair-obscur, dont celui du peintre Arnold Böcklin en 1907.
Le MAH a la chance de posséder les trois planches originales (E 2016-1955, E 2016-2464, E 2016-1953) ainsi que leurs tirages (E 2016-0159, E 2016-0154, E 2016-0157) et l'épreuve finale (E 2016-0160) du portrait d'Arnold Böcklin réalisé par Vibert.
Les planches de bois de bout (bois coupé dans le sens transversal de l’arbre) sont travaillées par l’artiste comme des planches de bois de fil, la technique traditionnelle des xylographies anciennes (bois découpé dans le sens du fil du bois). Il utilise probablement des gouges pour les parties plus larges et se sert du burin pour obtenir plus de précision dans les détails.
Les trois planches en bois originales sont combinées pour obtenir une impression finale au rendu proche des camaïeux anciens. La complexité du procédé technique est visible à travers les différents tirages de travail en noir et en couleurs. Dans la gravure en clair-obscur, le plus souvent, il existe une planche de trait, délimitant les contours de la composition, et une ou plusieurs planches de teinte apportant les ombres et modelés. Dans ce portait de Böcklin, la répartition n’est pas aussi nette et les deuxième et troisième planches portent à la fois des éléments du trait et de la teinte.
PLUS D’INFORMATIONS SUR L’OEUVRE
Bibliographie
Rambosson Yvanhoé, "Pierre-Eugène Vibert graveur sur bois", L'Art décoratif. Revue de la vie artistique ancienne et moderne, 136, 1910. p. 1-16, 4