Description
Adoration des bergers
En 1654, Rembrandt réalise six estampes de formats proches, probablement conçues comme une série, autour de l’enfance du Christ dont cette œuvre fait partie avec « La Circoncision dans l'étable » (inv. E 2008-0106), « La Fuite en Égypte, le passage d'un gué » (inv. E 2008-0112 et E 2008-0113), « La Sainte Famille », dite « La Vierge au chat » (inv. E 77-0265-013 et E 2008-0120), « Jésus assis parmi les docteurs » (inv. E 2008-0119) et « Jésus ramené du Temple par ses parents ». Il entame à la même époque une autre série autour de la Passion du Christ. Il semble que la décision de Rembrandt de réaliser des séries d’estampes religieuses soit liée à ses problèmes financiers. Les séries – pratique courante pour ce type de gravures aux XVIe et XVIIe siècles – se vendent en effet plus cher et sont susceptibles d’attirer un autre public que celui des feuilles individuelles.
Cette scène intimiste, baignée en son centre d’une lumière irréelle ou plutôt divine – la lampe à huile à l’arrière-plan ne suffit pas à expliquer ce rayonnement – irradie de tendresse et de réalisme grâce au sens de l’observation de Rembrandt. En effet, tout autant que le Fils de Dieu, c’est l’enfant d’un humble couple qui est présenté à l’attention des participants. Le détail de cet enfant, que l’on suppose se hissant sur la pointe des pieds pour mieux voir l’Enfant, évoque tous les enfants accueillant un petit frère ou une petite sœur. L’universalité de la scène saisie par Rembrandt touche le spectateur.
Le MAH possède un tirage du 1er ou du 2e état (inv. E 90-0006) et un autre du 3e état (inv. E 2008-0109) ainsi qu’une copie (inv. 1912-4776) sur papier transparent réalisée par Barthélémy Menn (1815-1893).