Adoration des bergers (revers)

Œuvre non exposée actuellement

Description

Adoration des bergers (revers)

Auteur(s)
Datation
1515 - 1518 (environ)
Dimensions
dimensions (haut. x larg.): 116.0 x 64.5 cm
dimensions (haut. x larg.): 124.00 x 67.00 cm (Cadre)
Matériaux
Tempera grasse sur bois de conifère; rehauts d'or appliqués à la mixtion, en fin filets (colonnes, auréoles, orfrois des manteaux). Peint sur ses deux faces, le panneau est actuellement composé de trois planches de sapin. Deux sont d'origine alors que la troisième a été ajoutée lors d'une ancienne intervention. Les essences de bois ont été identifiées en laboratoire comme étant du sapin commun pour le support original et du sapin rouge pour la planche ajoutée. Son format primitif a été réduit puisque la partie inférieure a été sciée.
Un examen par réflectographie dans l'infrarouge a été réalisé en 2001, à l'Institut royal du patrimoine artistique à Bruxelles. Il a permis de révéler un dessin préparatoire, sous-jacent. Deux techniques distinctes ont été identifiées pour la composition des scènes: l'incision directe dans la préparation et le recours à un dessin à l'encre noire. L'incision sert à définir les éléments d'architecture et peut avoir été pratiquée à l'aide d'un stylet et d'un compas, alors que le dessin, utilisé pour les figures, les animaux et les drapés, est réalisé avec une encre à base de carbone. Cette encre sert également à définir les zones d'ombre, traitées par des lignes parallèles ou hachurées. Le dessin à l'encre peut avoir été réalisé au pinceau ou au moyen d'une plume de bécasse. Voir article de Victor Gameiro Lopes dans le cat. d'expo. "La Renaissance en Savoie", p.111.
Mention obligatoire
MAH Musée d'art et d'histoire, Ville de Genève. Dépôt de la Fondation Jean-Louis Prevost, 1980
Numéro d'inventaire
1980-0208

Description
Ce panneau, peint sur les deux faces, constituait à l'origine un volet de retable. L'une des faces représente le Portement de croix et l'autre l'Adoration des bergers. La qualité du métier et la douce transparence de la lumière sur les visages de la Vierge et des femmes qui l'entourent ("Portement de croix") ne peuvent que faire regretter davantage l'étendu des dégâts. La restauration a permis de mesurer avec plus de précision l'étendue des parties perdues; sur la face du "Portement de croix" manquent une portion de surface à droite, où se trouvait probablement la figure du Christ, et une large bande en bas avec la partie inférieure des femmes; sur le côté de l'"Adoration des bergers" font manifestement défaut une grande partie de la silhouette de la Vierge et la figure de l'Enfant vers laquelle s'inclinent dans une attitude de dévotion tous les présents. Mauro Natale a montré qu'un autre panneau (36,5 x 43 cm), conservé au Museum zu Allerheiligen de Schaffhouse (inv. 201), provenait du même retable. Il représente sur l'un des côtés l'Enfant endormi couché sur un pan du manteau de la Vierge, la tête appuyée sur une gerbe de blé qui fait allusion au thème eucharistique du Christ en tant que "paris vivus" (Jean 6,41-51), l'avers conserve l'extrémité inférieure de trois figures habillées de tuniques et de manteaux rouges et bleus, dont les pieds chaussés de sandales foulent un sol caillouteux. Ces différents fragments faisaient donc partie d'un ensemble; un retable constitué par deux volets et un panneau central de format rectangulaire qui, ouvert, illustrait des scènes de la Passion du Christ (de gauche à droite le "Portement de croix" et, vraisemblablement, la "Crucifixion" et la "Mise au tombeau"); au revers, sur les deux faces visibles une fois les volets fermés, l'"Adoration des bergers" et peut-être un second épisode de l'Enfance du Christ (la "Présentation au Temple" ou "Jésus parmi les docteurs" ?) ou une autre scène en rapport avec le thème de la naissance ou de l'enfance. Ce type de retable n'est pas rare dans la région alpine et connaît justement un succès particulier dans les territoires du duché savoyard durant le règne de Charles II, comme l'attestent un certain nombre d'exemples dus principalement à Defendente Ferrari et à son atelier. Il est toutefois plus rare que les deux faces d'un même volet soient polychromes, Defendente préférant pour le côté extérieur des retables une peinture monochrome apte à simuler, selon un goût propre aux oeuvres flamandes de la Renaissance, l'apparence de la sculpture. Les panneaux de Genève et de Schaffhouse sont marqués par un langage expressif d'une très haute définition optique, à mi-chemin entre les oeuvres tardives de Giovanni Martino Spanzotti (Casale Monferrato (?), vers 1455 - Chivasso (?), 1526/1528) et la production de jeunesse de Defendente Ferrari, sans pour autant s'identifier ni avec l'un ni avec l'autre. La présence monumentale des figures, saisies dans un rapport serré avec les architectures qui définissent le cadre de l'action, évoque de manière insistante le répertoire de Spanzotti, connu évidemment non seulement grâce aux oeuvres turinoises de la première décennie du XVIe siècle, mais également pour son chef-d'oeuvre monumental de San Bernardino à Ivrée. (Mauro Natale, "Defendente Ferrari", in La Renaissance en Savoie, cat. d'expo.,Musée d'art et d'histoire de Genève, Genève, 2002)

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Collection(s)
Peinture
Période
Moyen Âge
Période moderne

Bibliographie

Bibliographie

Elsig Frédéric, Mauro Natale, Peintures italiennes et espagnoles XIVe-XVIIIe siècle, [Exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, 26 juin - 31 décembre 2016], Milan, SilvanaEditoriale, 2015, p. 72-73, p. 73, repr. coul., cat. 35

Mauro Natale et Frédéric Elsig (dir), La Renaissance en Savoie : Les arts au temps du duc Charles II (1504-1553), [Exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire,15 mars-25 août 2002 ], Genève, Musée d'art et d'histoire, 2002, n° I/1, pp. 99-110, pl. I/1a et I/1b repr. coul., fig. 1-6 et 13 repr. n/b; pp. 111-115, fig. 1- 8 repr. n/b et coul.

Nivrère Marie-Dominique (dir.), Peintures françaises et italiennes : XVIe-XVIIIe siècle , Bourg-en-Bresse, Musée de Brou, 1999. 128 p., p. 78, fig. 1 et 2, repr.

Natale Mauro et Ritschard Claude, L'art d'imiter. Images de la Renaissance italienne au Musée d'art et d'histoire, [Exposition Genève, Musée Rath, 14 mars - 28 septembre 1997], Genève, Musée d'art et d'histoire de Genève, 1997, p. 307

Lapaire Claude (dir.), Mille objets pour Genève, un patrimoine enrichi : Fondation Jean-Louis Prevost, catalogue d'exposition, Genève, Musée d'art et d'histoire, 7 février-21mai 1989, Genève: Musée d'art et d'histoire, 1989, p. 160, p. 162, repr. n/b, n° 449

Loche Renée, Sauver l'art ? : conserver, analyser, restaurer, [Exposition Genève, Musée Rath, 18.03 - 16.05.1982], Genève, Ed. du Tricorne, 1982. 329 p. : ill. ; 23 cm, n° 113, p. 246-250

Lapaire Claude (préf.), Fondation Jean-Louis Prevost , Genava, n.s., t. 29, 1981, p. 264

Expositions

La Renaissance en Savoie. Les arts au temps du duc Charles II (1504-1553), Genève, Musée d'art et d'histoire, 15.03.2002 - 25.08.2002
Mille objets pour Genève, un patrimoine enrichi, Fondation Jean-Louis Prevost, Genève, Musée d'art et d'histoire, 07.02.1989 - 21.05.1989
Sauver l'art?: conserver, analyser, restaurer, Genève, Musée Rath, 18.03.1982 - 16.05.1982
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